dimanche 5 mai 2013

J'ai des doigts de fée,il paraît.














  Le poignet toujours fermement maintenu sur le matelas par Elias, je subissais avec une langoureuse paresse sa torture, mes cuisses ouvertes pressant sa taille, la tête inclinée, dévoilant mon cou. Et il s'en donnait à cœur joie, nous mettant en appétit, faisant grimper la température petit à petit. Son... Doigté était indiscutable, j'en convenais, et je prenais un malin plaisir à l'exciter davantage en exhalant de petits soupirs rauques. Finalement, lorsque qu'il s'apprêta à passer aux choses sérieuses, je me glissai hors de son étreinte comme une anguille, devinant plus que je ne la voyais sa moue surprise et aussitôt, dépitée.

- Qu'est-ce que tu fous..?

- J'ai changé d'avis, ronronnai-je en me rasseyant, rabattant mon t-shirt sur mon ventre où apparaissaient déjà de petites marques violacées.

- Putain, mais t'es vraiment qu'un...

- Allumeur, ouais. 

  Tranquillement, je retournai sous la couette, pas le moins du monde gêné.

- J'ai pas spécialement envie d'être catalogué comme "mec facile", ou "pauvre petit chou en manque", je passe déjà pour un punk, un drogué, un ex-taulard et un psychopathe. Je sais que tu bavasse sur tes coups... Je préfère donc rester à l'état de fantasme, pour toi !

  Elias resta silencieux un instant, puis eut un soupir amusé, avant de me rejoindre sous la couette.

- T'aime juste te faire désirer. Raconte ce que tu veux, t'étais dans le même état que moi il y a deux minutes, je l'ai bien... Senti !

  Je lui tournais le dos, gigotant pour me faire une place douillette, et empoignant mon oreiller.

- Moui. Mais je sais contrôler mes pulsions, moi. Si tu veux une douche froide, c'est au fond, à gauche... Fais pas de bruit.

  L'animal se pressa contre mon dos, roucoulant.

- Faut régler le problème manuellement.

- ... Je suis pas mécanicien, occupe-toi de ta foutue manivelle tout seul.

  Je sentis une main baladeuse sur mon corps.

- Je suis très patient...

  Je soupirai, énervé, mais avec un certain amusement, et me retournai face à lui.

- Tu la ferme et tu me laisse dormir ensuite ?

- Promis, j'attendrai que tu te sois endormi pour te tripoter de nouveau.

- Abruti.

  Sans plus de cérémonie je le pris en main, curieux de jauger l'effet que je pouvais avoir sur lui. Quand je lui avais dit maîtriser mes pulsions, je ne mentais pas ; même avec le bas-ventre en feu, je savais à peu près garder les idées claires, ce qui n'était vraiment pas donné à tous les mecs de la terre... Une fraction de seconde avant de lui céder, je m'étais rappelé qu'Elias n'était pas un inconnu rencontré dans un bar que j'allai pouvoir jeter ensuite et ne plus jamais revoir, et que par conséquent, ça valait le coup d'attendre un peu, histoire de se rendre compte s'il comptait sur moi juste pour une nuit, ou s'il allait être plus collant que ça...
  S'il voulait s'accrocher, par contre, c'était ses oignons. Je n'avais JAMAIS eu de vraie relation, avec des sentiments et tout le bazar, je m'y étais toujours catégoriquement refusé. Cela avait juste été des plans cul suivis, en fait, avec un peu d'amitié au milieu, quelquefois... Mais rien de plus. Et j'y tenais.
  Tranquillement, je fis jouer ma main le long de son membre, parfaitement rôdé à ce genre de petit jeu. Je fus satisfais de le voir manifestement prendre son pied, même si ce fourbe essaya de m'attirer contre lui par surprise, pour aller plus loin. Penché au-dessus de lui, mes lèvres frôlant les siennes, je prenais un plaisir certain à le voir, le sentir, se tortiller sous moi, tandis que je menais la danse. Je le menais à l'extase sans difficulté, puis me laissais retomber sur mon oreiller.

- Le garage du Moulin Rouge vous remercie de votre passage...

  Elias eut un petit rire, de nouveau parfaitement maître de lui-même - j'avoue, deviner sa gueule d'ange en pleine jouissance m'avait foutu des papillons dans le ventre - et me répondit :

- Je paierai le mécano en nature plus tard...

- Alors ça, pas dit que j'ai envie. Maintenant, tu la boucle et tu dors.


  Au matin, je me réveillais comme d'habitude à la sonnerie de mon portable. Et, comme d'habitude, je marmonnai un flot de jurons en me tassant sous ma couette, mourant déjà d'envie de me rendormir. Mais ce matin-là... Il y avait un corps chaud pressé contre le mien. Mon premier réflexe fut de songer, avec étonnement, que je ne me rappelais pas m'être beurré la veille, puis les souvenirs de la nuit refirent surface. Je me relevai sur un coude, regardai derrière moi ; couché sur le flanc, Elias papillonnait, ayant manifestement autant de mal que moi à se tirer du sommeil. Ses yeux bleus me regardaient tranquillement, derrière quelques mèches en bataille. Je le crus un instant complètement nu, avant de me souvenir qu'il avait des sous-vêtements - enfin, j'espérais qu'il les avait toujours.


- Salut... Princesse, roucoula-t-il, encore à moitié dans le cake.

- Salut, connard, marmonnai-je en gigotant afin de me sortir du carcan de la couette. Je m'étais juste assis qu'il me tira en arrière sans crier gare.

- Je peux payer, maintenant ?

- Dégage, râlai-je. Tu ne m'as pas sauté hier soir, tu ne me sautera pas non plus ce matin. Sans déconner, tu doutes de rien, toi.

  Elias ricana et me laissa filer, s'étirant comme un chat avant de s'asseoir tranquillement.

- Il est quelle heure ?

- Neuf heures... On a cours dans trois quart d'heures, et il y a le bus à prendre. Alors magne ! Mon oncle, ma tante, et leur abruti de fils sont déjà partis, tu peux sortir de la chambre sans te cacher.

- Fantastique, bâilla Elias. Surtout qu'on a sport, quel pied. 

- Ouais. Mais faut y aller. T'as qu'à te servir dans le frigo, j'vais me doucher.

  Je sortis de ma chambre, mais prit d'un doute soudain, revins sur mes pas.

- Si jamais tu viens me déranger dans la douche... Je te fous le savon où je pense, pigé ?





A suivre...






3 commentaires:

  1. énorme xD Il a de la répartie Ivy!!
    Mais quand même c'est frustrant xP

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  2. Ha! Je le savais! Enfin, non! Enfin, si!
    Mais Ivy est quand même carrément une grosse allumeuse! Même s'il se fait pardonner, c'est quand même pas très gentil de chauffer un mec et de le laisser bander comme ça dans son coin!
    Du coup, ma curiosité est d'autant plus piquée. Je me demande bien par quel stratagème Elias va réussir à attraper Ivy qui semble bien décidé à ne pas lui céder...

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  3. Oh, merci ! *o* Bon, en même temps, ça aurait été trop facile...

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Un p'tit commentaire ? Même si l'auteur est un ours qui n'aime pas être dérangé dans son antre,il apprécie les retours sur son travail,ça l'encourage plus que des smarties ou le dernier tube de l'été.Et il ne mord pas.Normalement.