dimanche 10 avril 2016

Sa plus grande défaite ~















  Ce mardi soir, il était déjà tard lorsque la moto rutilante s'arrêta devant le petit portillon. La rue était déserte ; tout juste entendait-on un chien aboyer, au loin.
  Aussi naturel que s'il était arrivé chez lui, Elias ligota son bolide au lampadaire le plus proche, puis franchit d'un bond le portillon. Une fois dans le petit jardin, il vint se planter sous le balcon qui le surplombait, et extirpa de la poche de sa veste une poignée de graviers. Méthodiquement, il entreprit ensuite d'en bombarder la porte-fenêtre, ne manquant sa cible qu'une ou deux fois. Au bout de quelques instants, des rideaux furent violemment écartés, laissant la lumière de la pièce s'échapper au-dehors, et la fenêtre s'ouvrit tandis qu'une voix furieuse s'élevait :

- Je peux savoir ce que tu fous ?

  Avec un sourire, Elias regarda Alexandra venir s'accouder au balcon. Seulement vêtue d'une courte chemise de nuit, elle ne semblait pas amusée du tout.

- Tu ne répondais pas sur ton portable, et je n'ai pas de pigeon voyageur sous la main ; retour aux vieilles méthodes.

- Et tu ne t'es pas dit, que, peut-être, je n'avais simplement pas envie de te répondre ? C'est curieux, comme les déductions les plus simplistes semblent échapper à ton esprit si brillant.

- Ta bonne humeur irradie tel un astre, tu le sais, ça ? 

- Laisse-moi simplement attraper mon cendrier, et quelque chose d'autre va t'irradier la tronche si tu ne t'explique pas rapidement. J'ai froid et je suis fatiguée.

  Plus sérieusement, Elias recula de quelques pas pour mieux voir Alexandra dans l'obscurité.

- Je suis simplement venu discuter, et voir comment... Comment tu allais. Tu ne viens pas en cours et tu ne me réponds pas, je m'inquiétais.

- Toi ? T'inquiéter ? 

- Oui. Et moi aussi, j'ai froid. Tu descends m'ouvrir ?

  Alexandra le toisa quelques secondes.

- Ma mère dort dans le salon. Elle n'a plus dormi dans leur chambre depuis que... Bref. Hors de question que je prenne le risque de la réveiller, elle n'a pas besoin de ça.

- Alors... Retour aux anciennes méthodes ? 

- Putain. Tu fais vraiment chier.

  Alexandra disparut un instant de son champ de vision et, après divers bruits et un raclement suspect, une simple échelle de corde s'envola par-dessus le balcon, pour s'arrêter à un mètre du sol. Avec un petit rire, Elias commença l'ascension, qu'il avait très souvent faite autrefois, mais plus pratiquée depuis un certain temps. Lorsqu'il parvint à enfin enjamber le balcon, Alexandra l'attendait, les bras croisés et le pied posé sur une grosse jardinière en pierre ouvragée, chargée de retenir l'échelle de corde.

- Tu fais un piètre Roméo.

- Excuse-moi, je n'ai pas pensé à déclamer de la poésie pendant que j'essayais de ne pas glisser. 

  Elias s'avança, mais Alexandra ne bougea pas.

- A ton avis, que dirais Ivy - je suis sûre que tu te souviens de ce prénom - s'il savait que tu débarques chez moi en pleine nuit ?

- Peu m'importe, répondit Elias avec une glaciale indifférence - même si cette fois, il fut satisfait de voir qu'il avait réussi à empêcher ses poings de se crisper soudainement à l'évocation du nom honni. Tu me laisses entrer ? Je suis vraiment frigorifié.

  Avec un soupir, Alexandra s'effaça, et il pénétra dans la chambre à sa suite. Tandis qu'il refermait doucement derrière lui, Elias en profita pour parcourir rapidement la pièce du regard, sans en avoir l'air. Il la trouva dans un ordre impeccable ; elle n'était jamais très désordonnée de manière générale, mais cette fois-ci, absolument rien ne traînait. Et pourtant, une fine couche de poussière commençait à s'accumuler sur des objets qui pourtant avaient la préférence d'Alexandra, il le savait. C'était comme si l'occupante de cette chambre était partie depuis quelques jours, sans toucher à rien. Seul le lit, défait, prouvait que quelqu'un vivait encore là ; mais le reste de la pièce était plongée dans une immobilité froide et détachée.
  Alexandra s'était laissée tomber dans son fauteuil, avait croisé les jambes, et le regardait sans ciller. On aurait dit quelqu'un qui attendait de se faire une opinion sur une surprise qu'il n'était pas certain d'apprécier.

- Comme tu le vois, il n'y a rien d'inquiétant qui se passe ici. Tu pensais vraiment me trouver terrée dans un coin de ma chambre, à me balancer d'avant en arrière ?

  A son tour, Elias prit le temps de l'observer ; elle était sur le qui-vive, encore plus sur la défensive que d'habitude. Il devina sans peine qu'elle s'était plus ou moins attendue à sa venue, sans jamais vraiment la préparer. D'où son avalanche de sarcasmes, histoire de donner le change.
  Alexandra avait encore un peu maigri. Sans maquillage, elle semblait plus pâle qu'à l'accoutumée, et ses cheveux étaient tristement ramenés en une tresse grossière, faite sans aucun soin. Néanmoins, le regard si terne qu'il avait vu à l'enterrement semblait avoir retrouvé de l'éclat, même si Elias lui trouvait des airs un peu fiévreux.

- Tu oublies que c'est moi, qui t'ai rattrapée et ramenée chez toi, après ton évanouissement. J'ai des raisons légitimes de m'inquiéter, je crois, répondit Elias d'une voix douce.

- Je ne suis pas une petite chose fragile, capable d'exciter tes instincts de chevalier servant. C'est tout ce que tu avais à me dire ?

  Encore des sarcasmes. La muraille d'Alexandra ne tenait plus qu'à un fil ; une seule pierre à bouger, et c'était l'ensemble de la forteresse qui s'effondrait. Au fond, devinait Elias, il remporterai la moindre bataille qu'il déciderai de livrer, et ils le savaient tous les deux ; mais elle était, encore et toujours, bien trop fière pour se rendre sans combattre, quand bien même elle était visiblement vidée de toute énergie.

- Pas vraiment.

  Comptant ses pas, il s'approcha d'elle, la dominant à présent de toute sa hauteur. Après une seconde, elle s'en rendit également compte, et se leva brusquement de son fauteuil, bien décidée à ne pas lui concéder un pouce de terrain. Il était toujours plus grand qu'elle, mais au moins se dévisageaient-ils maintenant d'égal à égal.

- Je suis venu finir ce que j'ai commencé.

  Il tendit une main vers elle, mais elle l'intercepta, ses yeux lançant des éclairs. Intérieurement, il se félicita de la voir quitter pour de bon ce regard terne et effrayant qu'elle avait eu, même si c'était pour hurler de rage.

- Tu me prends vraiment pour une conne. On en parle, de Mégane ?

  Elias eut un sourire de requin.

- Qu'est-ce qui t'es revenu aux oreilles, exactement ?

- Aux yeux, à vrai dire. Un petit selfie très sympa, avec ta chambre et toi à moitié nu dans ton lit en arrière-plan. Je ne sais même pas comment ça se fait qu'Ivy ne soit pas encore tombé dessus. Tu dépoussières ton tableau de chasse, ça y est ?

- Bien sûr que non. Mégane avait quelqu'un à rendre jaloux, j'ai assez suivi l'affaire pour avoir envie de m'en mêler. Rien de plus. J'y ai gagné le prêt d'une partie de sa fantastique collection de films.

  Il vit Alexandra hésiter.

- Vous n'avez pas...

- Chérie, tu me déçois. 

- Et alors ? reprit Alexandra, son instant de doute passé. Que tu mènes la vie d'un moine depuis que... Ne change rien. Je ne suis ni ton jouet, ni un foutu trophée. Je sais très bien ce que tu cherches à faire. Je ne te servirai pas à le blesser.

- Qui parle de blesser ? Tu penses sincèrement que j'ai envie de te traîner sous son nez, juste pour me venger ? Allons. L'ignorer à longueur de temps lui fait beaucoup plus de mal. Si tu reviens... On peut même ne le dire à personne. Jusqu'à la fin de l'année scolaire. Je m'en fiche éperdument.

  Cette fois, Elias sentait bel et bien la muraille s'effriter. Pourtant, il n'était pas entièrement honnête ; mais qu'importe. La fin, la faim justifiaient les moyens.
  Sans attendre de réponse, il poursuivit le geste qu'Alexandra avait interrompu, venant glisser ses doigts dans la natte dorée échevelée. Avec dextérité, il en défit le nœud, et libéra les longues mèches d'or pâle.

- Arrêtons de jouer, pour une fois, tu veux bien ? Nous n'aurions pas dû nous séparer. Tu es autant la partenaire de crimes idéale que la reine que j'aime avoir à mon bras. Je le sais. Et tu le sais.

  Ils s'affrontèrent du regard un court instant. Les dernières paroles d'Elias, au moins, étaient sincères ; ils se connaissaient par cœur, depuis tant d'années. Un regard, un sourire, une grimace ou un mouvement d'épaule leur suffisait, il n'y avait au fond pas besoin de plus.
Ils s'affrontèrent du regard un court instant, et Alexandra rendit les armes pour de bon.
Et plus tard, tandis qu'il la serrait contre lui, Elias médita longuement sur ce qu'il avait retrouvé, mais ce qu'il avait aussi perdu.
Jamais vengeance ne lui avait été aussi douce-amère.






  Une semaine après les funérailles, je rendis visite à Alexandra. Malgré les épreuves du baccalauréat qui se rapprochaient dangereusement, elle n'était pas venue en cours depuis. Sachant que je ne connaissais personne qui ait un tel don pour donner le change, quoiqu'il se passe, je la devinais donc au fond du trou, ce qui m'inquiétait sérieusement. D'après Lena, qui avait pu passer chez elle avant moi, elle passait la majeure partie de son temps dans le noir, une cigarette aux lèvres. Elle qui avait résolu d'arrêter de fumer juste avant le décès de son père, cela en disait long. J'avais attendu quelques jours afin de respecter son deuil et les moments qu'elle passait avec sa mère, puis de la voir reparaître au lycée ; je venais donc aux nouvelles.
  Lorsque je me présentais chez Alex, un mercredi après-midi, ce fut elle qui vint m'ouvrir ; je fus agréablement surpris de la voir aussi bien habillée et coiffée que d'habitude. A vrai dire, je m'étais un peu attendu à la retrouver quelque part dans un coin de sa chambre, en pyjama et l'air toujours hagard. Elle avait simplement omis de se maquiller, était pieds nus, et elle ne parvint visiblement pas à me faire un sourire lorsqu'elle me découvrit sur son perron. 
  Lorsque je la suivis dans sa chambre, j'entendis quelques voix en provenance du salon et, au pied de son lit, j'avisais une petite fille. Avant même que je ne puisse la saluer, je restais médusé ; devant moi se tenait le portrait en miniature d'Alexandra, si ce n'est que la chevelure de la petite était d'un roux flamboyant. Sagement appliquée à recouvrir de feutre son cahier de coloriage, elle leva vers moi des yeux bleus à l'acuité impressionnante ; eux aussi, me rappelaient un peu trop quelqu'un.

- Je te présente Eva, fit Alexandra en se laissant tomber dans son fauteuil. C'est ma petite cousine, ses parents sont venus nous rendre visite.

  J'adressais un petit bonjour à la fillette, qui me le rendit poliment, avant de retourner à ses coloriages lorsqu'elle eut compris que je ne présentais pas grand intérêt. Je continuais de la regarder du coin de l’œil, toujours avec cette impression de voir un clone.

- Son père était le jumeau du mien, déclara Alexandra en s'allumant une cigarette, comme si, une fois de plus, elle avait lu dans mes pensées. La génétique, c'est fascinant. 

  J'acquiesçais machinalement.

- Mais ses yeux...

- Par une formidable coïncidence, mon oncle a épousé la plus jeune tante d'Elias. Enfin, ils sont brouillés avec sa famille depuis des années, ce qui n'est pas plus mal. Mais tu as devant toi la preuve vivante que lui et moi, on a bien fait de ne pas se reproduire ensemble. Je ne crois pas que le monde soit prêt à ça... Parce qu'Eva, selon toute vraisemblance, deviendra un dictateur top-model, ou quelque chose dans le genre. Pour l'instant, elle s'intéresse surtout aux poneys, mais elle est déjà la terreur des garçons de sa classe. N'est-ce pas, ma chérie ?

  Eva, manifestement ravie qu'on parle d'elle, adressa un sourire de connivence à sa cousine, un sourire que je ne connaissais que trop bien, lui aussi. Effectivement, j'avais réellement l'impression de voir une miniature d'Alexandra et d'Elias réunis et, quelque part, j'en fus glacé d'horreur. Même si j'avais d'autres inquiétudes en tête ; voir une Alexandra aussi laconique, installée nonchalamment dans son fauteuil et cendrier en main, sans rire ni même sourire, était dérangeant.

- Alors... On va bientôt te revoir au lycée ? demandais-je maladroitement. Tu manques à tout le monde, et Justine commence à reprendre du poil de la bête. Morgan dit que tu devrais revenir occuper le terrain. Et puis il va y avoir le bac, tout ça... Qu'est-ce que tu fais de tes journées, toute seule ?

  Evidemment, je me gardais bien de dire que Lena et moi avions parlé, et que tout le monde était très inquiet. Alexandra ne supportait pas de se voir mise en face de ses problèmes ou de ses faiblesses, et elle risquait de se braquer plus qu'autre chose. Même si, à vrai dire, je commençais à me dire que la colère était préférable à cette espèce de détachement étrange.

- Bientôt, j'imagine. Le dirlo est maladivement attaché à la réussite au bac de son établissement, je suppose que son indulgence pour mon absence a des limites.

  Je me tordis les mains, un peu gêné. Je m'absorbais dans le coloriage d'Eva, me demandant si je gênais Alex, et si je ne ferai pas mieux de partir. mais finalement, elle finit par rompre le silence pesant :

- Et toi, comment tu vas ?

  Je relevais la tête, et vis qu'elle évitait de me regarder. J'en fus un peu confus et malheureux ; se retenait-elle de pleurer de nouveau devant moi ?

- Je... Bien. Enfin, si on omet... Qu'il ne me regarde toujours pas...

  Cette fois, Alexandra fixait le plafond. Gêné plus que jamais, je décidai quant à moi de fixer le sol.

- Tu sais... fit-elle d'une voix un peu atone. Je me demande si... Enfin, je crois que ce n'est plus... Possible. Je sais que je t'ai dit, avec Morgan, que ça finirait par s'arranger, mais... J'ai essayé. J'ai essayé de lui parler de toi, de te ramener sans cesse sur le tapis. Mais il... Mais il fait ce qu'il veut. Et il est... Trop fort pour moi.

  Sur ce, elle se leva d'un bond. Surprise, Eva lui lança un coup d’œil interrogateur.

- Mon trésor, tu devrais retourner en bas, je crois que nos cookies sont prêts, maintenant. Demande à maman de t'aider.

  Eva acquiesça, mais avant de sortir, elle me lança un regard clairement accusateur. Sa cousine toute crachée.
  Reportant mon attention sur mon amie, je fus à présent sidéré de la voir plantée face à moi, les larmes aux yeux, blanche comme un linge.

- Je suis... Réellement désolée, si tu savais...

- Mais... mais non, il ne faut pas, bredouillai-je en venant l'enlacer, et lui tapotant maladroitement le dos tandis qu'elle fondait en larmes. Ce n'est pas de ta faute si... J'ai tout gâché, je me suis comporté comme un abruti, et maintenant il est parti, et...

  Pour le coup, je faillis sangloter moi aussi ; mais je me retins avec dignité, pour épargner ma pauvre Alexandra.
  Que pouvais-je faire de plus ?




A suivre...









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4 commentaires:

  1. Woah, ça me donne toujours envie de balancer mon laptop par la fenêtre quand des personnages si intelligents sont foutrement incapables de communiquer leurs sentiments. Bon, forcément, ils sont encore au lycée... mais tout de même, tandis qu'Elias joue sa drama queen, Ivy n'est plus que l'ombre de son ombre. Mais au moins, il se méritent l'un l'autre à présent. Alex devrait les enfermer ensemble dans une pièce sans fenêtre, la pauvre ne mérite pas d'assumer cette position ingrate.

    Très bon chapitre comme à l'accoutumée, je suis ravie que tu continue ce blog !
    Congratulations, et merci

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    1. Merci beaucoup ^^
      Aha, ce n'est pas si surprenant que ça ; la fierté mal placée, ou la fierté tout court, qui empêche de se remettre en question ou de présenter des excuses, c'est très courant... Même si je ne suis pas la personne la plus touchée par ce fléau sur cette terre, je ne compte pas les fois où j'étais dans ce genre de cas, moi aussi ^^
      Alexandra a sûrement pensé à ce plan-là ; mais sans doute a-t-elle eu peur qu'ils ne s’entre tuent.

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  2. AïAïAï ça me fait mal de voir cette situation qui va sans doute exposée incessamment sous peut :/ ça va faire mal et dans tout les camps D:
    Mais j'ai quand même hâte de voir la réaction d'Ivy, et celle d'Elias quand il se rendra compte de son erreur sur "Louis"… (AAhh c'est horrible cet amas de coincidences qui vont mener a l'inévitable D: ) Cette histoire va détruire mon âme et je vais mettre des mois a m'en remettre xD

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    1. Détruire ton âme, vraiment ? :D
      On ne peut pas prévoir comment ça tournera. Si ça se trouve, il n'y aura pas trop de casse...

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Un p'tit commentaire ? Même si l'auteur est un ours qui n'aime pas être dérangé dans son antre,il apprécie les retours sur son travail,ça l'encourage plus que des smarties ou le dernier tube de l'été.Et il ne mord pas.Normalement.